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La gauche peut-elle retrouver les prolos?

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La gauche peut-elle retrouver les prolos?

Message  Anne94 le Ven 18 Déc - 12:44

La gauche peut-elle retrouver les prolos ?

En raison d'évolutions de long terme, et aussi sous l'effet de la crise, les différences de sensibilité politique et culturelle n'ont jamais été aussi faibles entre les classes populaires et les classes moyennes. Le temps est sans doute venu pour les partis de gauche de se défaire d'une vision dégradante des prolos, et de reconstruire une vraie majorité populaire.

Les ouvriers sont-ils de retour ? Une note récente de la Fondation Jean Jaurès intitulée « Les ouvriers français, valeurs, opinions et attentes » laisse entrevoir une réhabilitation de la classe ouvrière dans les discours politiques et, plus largement, un retour en force des thématiques des classes populaires. Ce n’est pas aussi flamboyant qu’un « Lip dub » mais, pour les socialistes et la gauche, c’est peut-être l’ébauche d’un nouveau rapport avec les classes populaires.

La gauche s’était progressivement mais sûrement éloignée de son électorat populaire après 1983. L’offensive du FN sur l’électorat populaire de droite à partir de 1983 puis de gauche au cours des années 1990 avait contribué à couper peu à peu la gauche des ouvriers et des employés. Rappelons les faits : en 2002, 1% des ouvriers ont voté pour le PCF, 11% ont voté pour le PS ! Et si Ségolène Royal a redressé la situation en 2007, il ne faut pas mésestimer le retard pris par la gauche dans l’électorat ouvrier et en particulier chez… les ouvrières ! Ces dernières, plus fragiles socialement que les ouvriers, ont massivement soutenu Nicolas Sarkozy au premier tour.

L’analyse de Jérôme Fourquet démontre que les ouvriers ne sont ni plus racistes ni plus homophobes que la moyenne des Français. C’est peut-être la fin d’un mythe, celle d’un peuple réduit à la figure de «Dupont-Lajoie ». Cela ferait le plus grand bien à la gauche de sortir enfin d’un certain racisme social et de la figure du « beauf » véhiculée par Charlie Hebdo, organe officiel de la prolophobie. Jérôme Fourquet décrit une France ouvrière manifestement beaucoup moins rétive au « libéralisme culturel » et sociétal qu’il n’y paraissait si l’on se référait aux discours élitaires. Il semble ainsi que 72% des ouvriers français acceptent l’homosexualité comme « une façon acceptable de vivre sa sexualité » contre 77% pour l’ensemble des Français. Ainsi également, sur la question de l’immigration ou des sans-papiers, il semble bien que les ouvriers, du moins les plus jeunes, n’en fassent pas une priorité puisqu’ils parlent moins des sujets qui lui sont reliés que la moyenne des Français.

Cette mise au point qui règle son compte à nombre d’idées reçues révèle ainsi la fin de la priorité donnée au sociétal sur le social. Les ouvriers sont, depuis plus de deux décennies, les principales victimes de la profonde mutation sociale que connaît notre pays sous le choc de la globalisation. Ce dernier point est le plus problématique… Quand l’auteur pointe le fait que les séquestrations de patrons sont beaucoup plus acceptées par les ouvriers que par l’ensemble des Français, ne faut-il pas voir enfin que la « lutte des classes » est, comme le disait François Mitterrand, un « fait » qu’il s’agit simplement de constater. Il est donc logique qu’en conclusion, Jérôme Fourquet fasse l’hypothèse « que c’est d’abord sur l’équité fiscale et la juste répartition des richesses que devraient aujourd’hui se déterminer électoralement les catégories populaires. »

Cependant, il est une réalité que l’auteur n’aborde qu’à moitié : celle de la géographie sociale des classes populaires. Certes, il y a une France ouvrière du Nord-ouest plus ouverte sociétalement que la France ouvrière du Nord-est. Mais l’essentiel n’est pas là, il réside dans la fracture béante entre une France des centres-villes et une France périphérique (périurbaine et rurale), entre une France connectée à la mondialisation néolibérale et devenue partie intégrante du « village global » et une France qui paye au quotidien le prix de la globalisation financière. Son potentiel déflagrateur est-il analysé ? En faisant de la seule « banlieue », des « quartiers », l’incarnation exclusive de la France populaire, les dirigeants de gauche ont souvent oublié de parler à la France des dominés. En remplaçant le prolétariat par les exclus, ils ont aussi acquis un rôle : celui de confesseur du système néolibéral, lui donnant l’absolution pour peu qu’il pratique charité et compassion humanitaire.

Il importe donc, en l’absence de parti tribunicien, de définir un projet républicain qui rassemble les Français; pas un catalogue de « bonnes intentions » mais une vision de la France qui répondrait à cette grande passion française, celle de l’égalité, hélas mise à mal par le cyclone du déclassement qui frappe notre pays. Il y a en France environ 60% d’ouvriers et d’employés et la situation de ces derniers est loin de correspondre au mythe de la « classe moyenne » qu’on lui faisait miroiter voici trente ans. Les stratèges de Nicolas Sarkozy ont d’ailleurs raison sur un point essentiel : ce sont les classes populaires, les ouvriers et les employés, le salariat des zones périphériques qui feront l’élection de 2012. Il est peut-être enfin temps d’en prendre conscience et de bâtir la coalition sociale majoritaire qui peut permettre de gagner en 2012 et de gouverner dans la durée.

Gaël BRUSTIER et Jean-Philippe HUELIN sont les auteurs de « Recherche le peuple désespérément », Bourin Editeur, octobre 2009

http://www.marianne2.fr/La-gauche-peut-elle-retrouver-les-prolos_a183134.html

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Message  le curieux le Lun 21 Déc - 18:08

La Gauche est trop diversifiée, trop disparate, pour être le catalyseur de l'électorat des travailleurs, ouvriers, employés,chômeurs. Le PS, empêtré dans ses querelles intestines, a cru rester l'immuable puissant mouvement moteur. Rien n'est moins sûr.
Mélenchon obtient un succès d'estime, qui peut lui rapporter des voix.
Mais sur un plan général, on devrait s'acheminer pour les élections prochaines à une dispersion, au moins partielle, de l'électorat dit "prolo" (encore que je n'aime pas ce terme péjoratif, un citoyen en vaut un autre).D'abord parce que aux régionales, la donne est particulière: on votera autant les candidats que les partis.
Ensuite parce que l'insécurité, montée en épingle par le pouvoir, va peser dans la balance.
D'autre part, les problèmes particuliers à chaque région seront cause que les formules éculées des vieux routiers de la politique auront perdu du poids. C'est là où les Républicains gaullistes ont un créneau: être proches des gens, de leurs problèmes, leur montrer aussi que nous n'acceptons pas la fatalité, que nous avons des mesures et des solutions raisonnables, faisables, justes!

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Message  lenormand le Mer 23 Déc - 10:17

La gauche a beaucoup déçu le peuple qui ne se retournera vers elle que par hostilité à la politique de Sarko... D.L.R. avec son programme (services publics, nation, sécurité...) peut et doit en profiter. Mais attention pour y parvenir il ne faut pas apparaitre comme un éniemme parti de droite mais comme un parti de rassemblement, au-dessus des partis, gaulliste en somme !
Amitiés gaullistes

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la gauche...

Message  le curieux le Mer 23 Déc - 18:36

@Lenormand: tout à fait d'accord. Le Gaullisme, c'est un rassemblement de républicains, qui se situe au-dessus de la droite, la gauche, et autres partis. Une certaine idée de la France, de la République, et du peuple souverain. Tout le reste...a démontré, au mieux, son incapacité. Au pire...le pire, on est en plein dedans!Et on fera ce qu'il faut pour que ça change!

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Re: La gauche peut-elle retrouver les prolos?

Message  PiccoloJr le Mer 23 Déc - 22:17

Je conseille à tout le monde de lire Recherche le peuple désespérément, le livre qu'ont écrit les auteurs de cette tribune. Même s'il s'adresse à la gauche, les leçons valent pour nous aussi. Une analyse sociologique qui rappelle ce qu'est la réalité de notre pays. Contrairement à ce qu'on aurait tendance à croire en abusant des discours médiatiques, culturels et politiques dominants, la France ce n'est pas que la ville et la banlieue, c'est aussi, et surtout, les zones périurbaines et les campagnes. La majorité des Français y habitent, et ils sont loin d'être des privilégiés conservateurs recroquevillés dans leur confort bourgeois. Ce sont au contraire pour beaucoup des ouvriers et des employés, perdants de la mondialisation, très touchés par le chômage et le travail précaire, en plus d'être invisibles médiatiquement.
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Re: La gauche peut-elle retrouver les prolos?

Message  Ordet le Jeu 24 Déc - 6:36

J'ai été invité à quelques réunions du NPA localement parce qu'ils voulaient quelqu'un qui anime une réunion sur l'Europe.

J'y ai surtout vu quelques fonctionnaires-syndicalistes-notables locaux, qui se font plaisir et gèrent leur carrière en ayant autour d'eux quelques précaires déconnectés des réalités, incapables de militer sérieusement.

Je pense qu'il n'y a personne qui représente les salariés du privé, qui veulent travailler, fonder une famille, etc, et ne veulent pas fumer, aller aux rave-parties.

Mais j'y ai aussi vu des gens fort honorables, pour la plupart des déçus d'autres partis de gauche, et qui sont en train de quitter le NPA également, parce que c'est trop la foire et localement c'est le recyclage de vieux crabes qui veulent un poste en plus.

Dans tous les partis il y a une foule de militants honnêtes qui ont un pied vers la sortie. J'entends la même chose plus à droite...

Ordet
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Re: La gauche peut-elle retrouver les prolos?

Message  maxime le Jeu 24 Déc - 15:23

Ordet a écrit:J'ai été invité à quelques réunions du NPA localement parce qu'ils voulaient quelqu'un qui anime une réunion sur l'Europe.

J'y ai surtout vu quelques fonctionnaires-syndicalistes-notables locaux, qui se font plaisir et gèrent leur carrière en ayant autour d'eux quelques précaires déconnectés des réalités, incapables de militer sérieusement.

Je pense qu'il n'y a personne qui représente les salariés du privé, qui veulent travailler, fonder une famille, etc, et ne veulent pas fumer, aller aux rave-parties.

Mais j'y ai aussi vu des gens fort honorables, pour la plupart des déçus d'autres partis de gauche, et qui sont en train de quitter le NPA également, parce que c'est trop la foire et localement c'est le recyclage de vieux crabes qui veulent un poste en plus.

Dans tous les partis il y a une foule de militants honnêtes qui ont un pied vers la sortie. J'entends la même chose plus à droite...

C'est vraiment le moment pour qu'en Bretagne, de Vitré à Brest, des militants DLR se rassemblent pour activer une action réelle, comme ça se passe par exemple en Normandie sous l'égide des Brière.
Connaissant bien le pays Gallo entre Rennes et Redon, je sais qu'il y a du potentiel pour notre Parti.

_________________
La leçon que donne la politique aux hommes avisés est qu'il faut s'incliner devant les faits qui ne vexent que les imbéciles.
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