Article sur le site "Ecran": "Un filtre à cafter sur le Net"

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Article sur le site "Ecran": "Un filtre à cafter sur le Net"

Message  Therese le Dim 24 Jan - 1:41

Un article intéressant, http://www.ecrans.fr/Un-filtre-a-cafter-sur-le-Net,9008.html, que je me suis plu à décortiquer de A à Z, et puis le titre est amusant !!

1) « Plus on pourra dépolluer automatiquement les réseaux et les serveurs de toutes les sources de piratage, moins il sera nécessaire de recourir à des mesures pesant sur les internautes. » Ainsi parlait Nicolas Sarkozy, président de la Répu­blique, lors de ses vœux à la culture le 7 janvier. Et d’ajouter  : « Il faut donc expérimenter sans délai les dispositifs de filtrage. »

Voilà au moins qui est clair. Pour ceux qui en seraient restés au stade du soupçon et craindraient d'être un peu parano, le doute n'est plus permis : ils veulent contrôler internet, ils ne s'en cachent même pas. Magnifique démonstration de la droite décomplexée. Ce qui apparait à certains comme un risque terrible pour la démocratie et un pas de plus vers l'avènement de Big Brother, est pour nos dirigeants une opération de "dépollution" d'un média qu'ils ont traité de tous les noms (caniveau de la démocratie, la plus grande saloperie ayant jamais existé, etc ....)


2) "Dans le fond, rien de neuf. La loi Création et Internet prévoit que les membres d’Hadopi évaluent « les expérimentations dans le domaine des technologies de reconnaissance des contenus et de filtrage ». Mais, dans la forme, le filtrage d’Internet devient une volonté expresse du Président.

Au secours, même "Ecran" en a conscience et n'est pas allé leur foutre une bombe. Hadopi est là essentiellement pour expérimenter les techniques de filtrage. Les revenus des artistes, on s'en contre-fiche, on s'en était bien apperçu, mais le fait qu'ils ne s'en cachent plus est des plus inquiétants, si on interprète ça comme le fait qu'ils sont totalement sûrs de leur pouvoir. Ou alors, hypothèse plus optimiste, ils sont vraiment déconnectés d'une certaine réalité, et s'enlisent dans des erreurs grossières genre l'EPAD.


3) Aujourd’hui adressée à la Haute Autorité au nom de la protection des ayants droit. Demain, ce sera pour lutter contre la pédo-pornographie, c’est prévu dans le projet de loi Loppsi, qui sera examiné le 9 février par l’Assemblée nationale. Et après-demain  ?

Ca y est, Loppsi est considérée comme adoptée. On s'interroge pour après-demain, quand la logistique Hadopi et Loppsi seront en place. Et bien, la réponse est simple, étendre le filtrage à d'autres finalités deviendra l'enfance de l'art. C'EST UN TERRIBLE DANGER.


4) Sarkozy se plaît à répéter qu’Internet est un « Far-West », une « zone de non-droit » qu’il faut « réguler » et « civiliser ». Dès février 2009, il déclarait vouloir que « les fournisseurs d’accès bloquent les sites pédo-pornogra­phiques et illégaux ». Pédo-pornographiques, d’accord, mais « illégaux », le terme est vague. Toutes les études réalisées à travers le monde montrent que le filtrage est inefficace, risqué et coûteux.

Qui, en surfant sur des sites même un peu "avantureux" est déjà tombé sur un site pédophille, j'appelle à témoignage?. Sarkozy ne sait même pas se servir d'un ordinateur, qui lui a raconté que c'était le Far-West ? Où est le non-droit ? le droit actuel s'applique très bien à Internet, Mme Morano a bien su obtenir l'identité de l'internaute qui lui a dit "hou, la menteuse" et fut convoquée au poste de police. Si Internet faisait autant de morts que la route on pourrait (peut-être) envisager de le réguler. Internet est infiniment plus bénéfique que maléfique, il est utile aux particuliers tout autant qu'aux entreprises qui y font du business.


5) Le filtrage consiste à surveiller et analyser le trafic qui passe dans les tuyaux afin de bloquer l’accès à certains contenus ou applications. Les différentes technologies existantes permettent aux fournisseurs d’accès Internet (FAI) d’agir avec une « granularité » (précision) plus ou moins fine. Mais aucune n’est efficace. « On a l’art de construire des lignes Maginot. On peut continuer encore longtemps », indique Yves Le Mouël, directeur général de la FFT, la Fédération française des télécoms (Bouygues, France Télécom, Numéricable, SFR). Dans une étude publiée en avril dernier, la FFT insiste  : « Toutes les techniques de blocage, sans exception aucune, sont contournables. » Tant du côté des éditeurs de contenus que des internautes. Et pas besoin d’être expert en informatique, aujour­d’hui, Madame Michu peut s’abonner à un service, tel iPredator, qui rend impossible la surveillance de ses activités en ligne.

Ca c'est bien vrai, AUJOURD'HUI, toutes les techniques de filtrage sont contournables. Si vous voulez surfer tranquille, sans que votre FAI puisse savoir où vous allez et ce que vous téléchargez, abonnez-vous à Ipredator (ou autre), un VPN qui vous permettra de surfer incognito pour la modique somme de 5 euros par mois. Hélas, les pédophiles qui ne sont pas trop bêtes (les autres sont déjà en prison), utilisent ce type de système. Conséquence lamentable et prévisible, si tout le monde s'y met, les policiers auront encore plus de mal à les repérer car ils seront noyés dans la masse. Preuve que la lutte contre la pédophilie n'est pas l'objectif, mais un prétexte en or.


6) De plus, les dommages collatéraux sont conséquents. Le surblocage – couper l’accès à des contenus légitimes – est inévitable. Par exemple, le filtrage par IP bloque un site au niveau de l’adresse du serveur (dite adresse IP) sur lequel il est hébergé. Or près de 90% des sites partagent leurs serveurs avec d’autres sites. Bloquer une IP, c’est automatiquement bloquer tout ce qui est présent sur ce serveur. C’est ainsi que, au Royaume-Uni, en voulant empêcher l’accès à une image jugée pédo-pornographique (la pochette d’un album de Scorpions) illustrant un article de Wikipédia, c’est toute l’encyclopédie en ligne qui a été visée.

Le réseau n'est pas prêt de se laisser dompter par les imbéciles. En Chine, ils ont voulu bloquer les sites porno avec des logiciels capables d'identifier automatiquement les scènes immorales. Conséquence, ils ont bloqué les sites où il y avait des porcs, le logiciel de filtrage les ayant pris pour des personnes nues. Au moins, ça nous aura fait bien rire.


7) Un autre risque est la propagation du blocage. Ainsi quand le gouvernement pakistanais a décidé de censurer YouTube, l’impact a été international. Pendant des heures, le site de vidéos en ligne a été inaccessible dans le monde entier.

Ah, les dictateurs qui jouent aux apprentis sorciers, ça leur revient en boomrang. Ils n'ont pas bien compris la structure d'internet qui est conçu pour qu'il y ait de nombreux chemins pour aller d'un endroit à l'autre, sauf certaines applications comme Youtube qui est venue s'y greffer dans un esprit centralisé, c'est leur choix. Comme quoi Internet dans sa bienveillante neutralité, est apte à accepter tout le monde.


Cool
A plusieurs reprises, Jean Berbineau, membre de l’Hadopi, s’est prononcé en faveur du filtrage par DPI (Deep Packet Inspection). Soit centraliser tous les paquets de données du trafic vers un point du réseau afin de les inspecter. Avantage  : il permet un filtrage assez fin. Inconvénients  : il est coûteux (140 millions d’euros pour trois ans selon la FFT) et surtout, de l’avis d’experts réseau, inapplicable en France. Une partie de son architecture n’étant simplement pas dimensionnée pour remonter et centraliser le trafic.

Honnêtement, si j'y comprends quelque chose, ça me parait hallucinant. Ce monsieur aurait voulu faire converger toutes les données vers un unique endroit pour mieux les contrôler ? Il est fou ou alors c'est un crâne d'oeuf. On a vu des vedettes dans la cadre des débats sur la loi Hadopi, une de plus, .. L'important, c'est qu'il ait été renvoyé dans ses buts.


9) Si filtrer un site dans un réseau fermé est facile (par exemple, quand une entreprise interdit Facebook), sa mise en œuvre à l’échelle nationale est sans commune mesure. Par essence, Internet est un réseau décentralisé. Son infra­structure n’a pas été conçue pour obliger de gros volumes de trafic à passer par des points précis pour les ­contrôler. Le faire implique de forts risques d’engorgement, de congestion et donc de ralentissement ­général. Des tests effectués en ­Australie ont ainsi montré une dégradation jusqu’à 87% du débit d’Internet.

Ca je comprends, Internet est un réseau maillé, ce n'est pas un gros tuyau qu'on peut bloquer facilement. Il fallait être là quand internet est né, à la place des universitaires et des militaires qui l'on developpé sans objectifs mercantiles ni recherche du pouvoir. Maintenant, c'est trop tard, allez vous rhabiller.


10) L’Australie, justement, est suivie de près par le gouvernement français. En 2008, Stephen Conroy, le ministre australien des Communications et de l’Economie numérique, a lancé le projet de bloquer une liste secrète de « contenus interdits, essentiellement de la pédo-pornographie, mais aussi d’autres contenus indési­rables ». Cette liste a rapidement fuité et révélé que seuls 32% des contenus étaient à caractère pédo-pornographique. On y retrouvait des liens vers YouTube, Wikipedia, du poker en ligne, mais aussi le site d’un tour-opérateur et celui d’un dentiste. Et depuis, associations, FAI et médias luttent pour éviter le « nettoyage » d’Internet. « Veut-on vraiment que l’Australie rejoigne le club des censeurs fondé par la Birmanie, la Chine et la Corée du Nord  ? » s’interroge l’EFA (Electronic Frontiers Australia), qui défend les libertés sur Internet.

Noter que l'Australie suit le gouvernement Français, et l'Australie n'est pas loin de rejoindre de club des censeurs fondé par la Birmanie, la Chine et la Corée du Nord. Alors la France a peut-être déjà rejoint le club, elle ?


11) Serait-on précisément en train de prendre la Chine – classée « ennemie d’Internet » par Reporters sans frontières – comme modèle en matière de contrôle des réseaux  ? C’est ce qu’a fait Bono dans le New York Times du 2 janvier. Le leader de U2 y cite les pratiques de la Chine pour réprimer la dissidence en ligne afin de démontrer qu’une surveillance est, selon lui, faisable et souhaitable.

La France étant classée au 43ième rang pour la liberté de la presse, on n'est pas aussi loin que ça de la Chine. Le Bono ici présent est un people friqué qui veut contrôler les "voyous" qui téléchargent, et pas comme je l'ai cru un moment le député Bono qui (au contraire) a fait voter un amendement dit 45, 138 ou Bono pour faire reconnaître l'accès Internet comme un doit fondamental au parlement européen. Moyennant quoi les socialistes ne l'ont pas reconduit lors des élections européennes. Les socialistes se sont pourtant à l'assemblée nationale clairement prononcés contre Hadopi (mais pas le Sénat en tout cas au premier tour) ==> comprendre la politique du PS = mission impossible.


12) En France, dès 2008, une étude soulevait toutes ces probléma­tiques. Son auteur, Christophe Espern, confiait alors à Libération que le ministère de l’Intérieur, à qui il avait présenté l’étude, ne contestait pas les limites et les risques du filtrage, mais expliquait qu’il s’agissait avant tout « de lutter contre le sentiment d’insécurité ».

Et voilà l'explication, ça ne sert à rien sinon à faire croire qu'on s'occupe de la sécurité. Je pense pour ma part qu'on fait d'une pierre deux coups : on fait semblant de s'occuper de la sécurité, ET on met en place une logistique pour contrôler internet à des fins qui personnellement m'inquiètent énormément, compte tenu du contexte actuel : oligarchies mondiales soutenues par la finance et les politiques complices ou impuissants.


Malheureusement, on note une résignation, internet est en passe d'être filtré ou si je suis optimiste, de subir un début de filtrage. Actuellement, la Hadopi s'est confortablement installée dans des locaux qui apparaissent sur-dimensionnés pour l'équipe actuelle. De mémoire, ils sont 10, le plateau pourrait accueillir 70 personnes d'après ce que j'avais pu lire sur PCINPACT, ils ont des projets !!.

Au passage, je voudrais rendre hommage à PCINPACT, cette équipe formidable, grâce à laquelle je peux suivre ce qui se passe sur Hadopi depuis le début. Marc Rees était d'ailleurs au Fouquet's quand ils ont fêté la pubication du livre "La Bataille Hadopi" sur in libro veritas (également l'éditeur du petit Livre Mauve, ..).

Bien à vous

Therese
Scribe discret
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