La taxe carbone serait revue pour l'industrie, pas le transport

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La taxe carbone serait revue pour l'industrie, pas le transport

Message  AB2B le Jeu 31 Déc - 9:48

"La taxe carbone serait revue pour l'industrie, pas le transport" apprend-on aujourd'hui dans les media.

Alors que les véhicules les plus polluants de nos routes françaises sont certainement les camions, qu'il circule un nombre de pois lourds très largement excessif (et dangereux) sur nos routes et autoroutes,
Alors qu'il y a pléthore de micro-entreprises dans le domaine du transport, et que le fret ferroviaire ne peut en aucune manière être rentabilisé faute d'avoir su casser la spirale divergente prix excessif-demande insuffisante par une politique audacieuse du transport,
Alors que les transporteurs français sont contraint à l'immobilité le dimanche, laissant les transporteurs étrangers profiter de nos routes et autoroutes (vous avez dit "concurrence libre et égale" ?) et polluer l'air avec la bénédiction des gouvernements,
Alors enfin que la balance commerciale française démontre à qui veut voir la vérité notre sous-compétitivité,
nos édiles, en toute quiétude, érigent une nouvelle taxe qui, sans que le doute soit permis, aura des effets désastreux à moyen terme sur notre économie, sur notre société, sur notre environnement.

Dans tous les domaines ces élus ne sont même plus capables d'agir par l'incitation, par la persuasion, en anticipant les effets des décisions possibles. Ils se satisfont de l'expression légalement contraignante (sauf pour eux...) d'une conviction fondée sur des approximations, sans faire l'effort que mériteraient et notre peuple, et la situation dans laquelle il est.

C'est pusillanime et c'est indigne à la fois !

AB2B

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Bébé scribe
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La porte étroite de la taxe carbone aux frontières

Message  Patriote le Lun 25 Jan - 17:05

Par PHILIPPE MARTIN professeur à
Sciences-Po. Libération, mardi 15 décembre 2009



La politique commerciale s’est invitée aux discussions
de Copenhague, avec une déclaration très vigoureuse des pays émergents
contre toute taxe aux frontières qui frapperait le contenu en CO2 de
leurs exportations. Celle-ci n’est pas envisagée dans le cadre des
négociations mais fait partie des scénarios possibles en cas
d’engagements trop modestes des pays émergents.


L’instauration d’une taxe aux frontières est légitime
sur le plan économique, écologique et juridique, mais pose des problèmes
politiques épineux. On sait que limiter les émissions de CO2 nécessite
de mettre un prix sur ce qui jusqu’ici était gratuit. Que ce prix prenne
la forme d’une taxe sur les émissions ou qu’il soit déterminé par un
marché d’échange où seraient alloués en quantité limitée des quotas de
pollution est grosso modo équivalent. Quoi qu’il arrive, on ne
parviendra pas, hélas, à l’institution d’un prix unique élevé du CO2 au
niveau mondial. Une taxe sur les importations des pays qui refuseraient
d’instaurer un tel prix permettrait de se rapprocher d’un prix unique du
CO2 sur les biens produits nationalement et importés.


Lorsque l’Europe augmente, même modestement, le coût du
CO2 de manière unilatérale, deux problèmes se posent, l’un écologique,
l’autre économique. Le premier connu sous le nom de « fuite de carbone »
peut sembler paradoxal. L’émission de CO2 diminue bien en Europe à la
fois parce que les entreprises sont incitées à ne pas polluer et parce
que d’autres cessent leurs activités. Mais certaines entreprises
délocalisent leur production dans des pays sans taxe CO2 et sont, elles,
incitées à polluer davantage, par unité produite, qu’elles ne le
faisaient en Europe. Les produits exportés par la Chine entraînent ainsi
quatre fois plus d’émissions de CO2 que les exportations européennes.
Au total, il est donc possible qu’en déplaçant la production vers des
pays avec des méthodes de production « sales », une mesure nationale
unilatérale anti-CO2 augmente l’émission mondiale de CO2. Outre ce coût
écologique, les pertes de compétitivité et d’emploi de mesures
unilatérales limitent d’autant l’ardeur écologique des gouvernements,
comme le montrent les engagements bien modestes de l’Europe et davantage
encore des Etats-Unis.


Les études suggèrent que la « fuite de carbone » peut
être importante dans certains secteurs et plus forte à long terme qu’à
court terme. En moyenne cependant, l’augmentation de pollution dans les
pays émergents n’est pas suffisamment forte pour remettre en cause
l’effet positif de taxes carbone unilatérales. Les pertes de
compétitivité et d’emploi dans les secteurs voraces en énergie ne sont
en revanche pas négligeables.


L’instauration d’une taxe sur les importations des pays
qui ne mettent pas en place de mesures anti-CO2 est donc légitime à la
fois sur le plan écologique et économique.


Retrouvez la suite de cette tribune sur le site de Libération.
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